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American Night began in the late 1990s, when I had set up a darkroom in an artist’s studio in Newark’s Ironbound district. At night, I would walk through the city’s industrial zones with a Rolleiflex mounted on a tripod, photographing under the streetlamps. Many of these buildings were already abandoned, remnants of an era of industrial production that had long come to an end.

My interest in low-light photography started after seeing an exhibition of Bill Brandt’s work in New York. I was especially struck by the photographs he made during the WWII blackouts in London. Lit only by moonlight, they still revealed a remarkable amount of detail. That idea stayed with me.

Newark was a revelation. Few of its old factories were still operating; most had shut down long ago, leaving behind their skeletons and ruins. Walking through these streets felt like traveling back in time. Whether active or deserted, the factories seemed untouched for decades, preserving the architecture of another age.

Photographing in such low light required patience: setting the tripod, opening the shutter, waiting, and watching carefully what the camera was recording. It became a meditative process. The long film exposures created a contemplative relationship with the subject, as if time itself were part of the image.

Making American Night, literally and symbolically, became a way of discovering the United States as an immigrant. What drew me to these places was their stark, unexpected beauty. Gas stations, drive-ins, and abandoned factories had once been symbols of an industrial and consumer boom. Now they stood as relics of another era. I was in awe of this landscape, at once desolate and magnificent, where the traces of an earlier time lingered in the night.


American Night a commencé à la fin des années 1990, lorsque j’avais installé une chambre noire dans l’atelier d’un artiste, dans le quartier d’Ironbound à Newark. La nuit, je parcourais les zones industrielles de la ville avec un Rolleiflex monté sur un trépied, photographiant à la lumière des réverbères. Beaucoup de ces bâtiments étaient déjà abandonnés, vestiges d’une époque de production industrielle depuis longtemps révolue.

Mon intérêt pour la photographie en basse lumière est né après avoir vu une exposition consacrée à Bill Brandt à New York. J’avais été particulièrement frappé par les photographies qu’il avait réalisées à Londres pendant les blackouts de la Seconde Guerre mondiale. Éclairées uniquement par la lumière de la lune, elles révélaient malgré tout une quantité remarquable de détails. Cette idée m’est restée.

Newark a été une révélation. Peu de ses anciennes usines étaient encore en activité ; la plupart avaient fermé depuis longtemps, ne laissant derrière elles que leurs structures et leurs ruines. Parcourir ces rues donnait l’impression de remonter le temps. Qu’elles soient encore en activité ou abandonnées, les usines semblaient n’avoir pas changé depuis des décennies, préservant l’architecture d’une autre époque.

Photographier dans une lumière aussi faible demandait de la patience : installer le trépied, ouvrir l’obturateur, attendre et observer attentivement ce que l’appareil enregistrait. C’est devenu un processus méditatif. Les longues poses sur pellicule créaient une relation contemplative avec le sujet, comme si le temps lui-même faisait partie de l’image.

Réaliser American Night, au sens propre comme au sens symbolique, est devenu pour moi une manière de découvrir les États-Unis en tant qu’immigrant. Ce qui m’attirait dans ces lieux était leur beauté austère et inattendue. Les stations-service, les drive-in et les usines abandonnées avaient autrefois été les symboles d’un essor industriel et de la société de consommation. Ils apparaissaient désormais comme les vestiges d’une autre époque. J’étais fasciné par ce paysage, à la fois désolé et magnifique, où les traces d’un temps antérieur persistaient dans la nuit.


 

 

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On American Night

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American Night began in the late 1990s, when I had set up a darkroom in an artist’s studio in Newark’s Ironbound district. At night, I would walk through the city’s industrial zones with a Rolleiflex mounted on a tripod, photographing under the streetlamps. Many of these buildings were already abandoned, remnants of an era of industrial production that had long come to an end.

My interest in low-light photography started after seeing an exhibition of Bill Brandt’s work in New York. I was especially struck by the photographs he made during the WWII blackouts in London. Lit only by moonlight, they still revealed a remarkable amount of detail. That idea stayed with me.

Newark was a revelation. Few of its old factories were still operating; most had shut down long ago, leaving behind their skeletons and ruins. Walking through these streets felt like traveling back in time. Whether active or deserted, the factories seemed untouched for decades, preserving the architecture of another age.

Photographing in such low light required patience: setting the tripod, opening the shutter, waiting, and watching carefully what the camera was recording. It became a meditative process. The long film exposures created a contemplative relationship with the subject, as if time itself were part of the image.

Making American Night, literally and symbolically, became a way of discovering the United States as an immigrant. What drew me to these places was their stark, unexpected beauty. Gas stations, drive-ins, and abandoned factories had once been symbols of an industrial and consumer boom. Now they stood as relics of another era. I was in awe of this landscape, at once desolate and magnificent, where the traces of an earlier time lingered in the night.


American Night a commencé à la fin des années 1990, lorsque j’avais installé une chambre noire dans l’atelier d’un artiste, dans le quartier d’Ironbound à Newark. La nuit, je parcourais les zones industrielles de la ville avec un Rolleiflex monté sur un trépied, photographiant à la lumière des réverbères. Beaucoup de ces bâtiments étaient déjà abandonnés, vestiges d’une époque de production industrielle depuis longtemps révolue.

Mon intérêt pour la photographie en basse lumière est né après avoir vu une exposition consacrée à Bill Brandt à New York. J’avais été particulièrement frappé par les photographies qu’il avait réalisées à Londres pendant les blackouts de la Seconde Guerre mondiale. Éclairées uniquement par la lumière de la lune, elles révélaient malgré tout une quantité remarquable de détails. Cette idée m’est restée.

Newark a été une révélation. Peu de ses anciennes usines étaient encore en activité ; la plupart avaient fermé depuis longtemps, ne laissant derrière elles que leurs structures et leurs ruines. Parcourir ces rues donnait l’impression de remonter le temps. Qu’elles soient encore en activité ou abandonnées, les usines semblaient n’avoir pas changé depuis des décennies, préservant l’architecture d’une autre époque.

Photographier dans une lumière aussi faible demandait de la patience : installer le trépied, ouvrir l’obturateur, attendre et observer attentivement ce que l’appareil enregistrait. C’est devenu un processus méditatif. Les longues poses sur pellicule créaient une relation contemplative avec le sujet, comme si le temps lui-même faisait partie de l’image.

Réaliser American Night, au sens propre comme au sens symbolique, est devenu pour moi une manière de découvrir les États-Unis en tant qu’immigrant. Ce qui m’attirait dans ces lieux était leur beauté austère et inattendue. Les stations-service, les drive-in et les usines abandonnées avaient autrefois été les symboles d’un essor industriel et de la société de consommation. Ils apparaissaient désormais comme les vestiges d’une autre époque. J’étais fasciné par ce paysage, à la fois désolé et magnifique, où les traces d’un temps antérieur persistaient dans la nuit.


 

 

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